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Lettre de Robert Jaulin sur le film

Transcription de la lettre

"Nyang Atom, les mots sonnent et prennent un corps, un visage, ils sont une identité, une terre, un lieu, une longue histoire, ils échappent à l'ordre de l'écrit, voire à celui de tout discours fermé sur lui-même ; Nyang Atom, ces mots sonnent, tout le long des images, des séquences, du film fait par Jean Arlaud, et nous nous en trouvons saisis ; nous sommes pris de saisissement car une quotidiennenté chargée de soleil, de sable, de rides, telle une personne que le corps aurait mandaté nous apostrophe, nous interpelle de façon si vraie, si franche que toutemélopée, toute sauce rapportée, ajoutée s'en trouverait ridicule si elle était là présente et insolite.

Le prodige est que Jean Arlaud ait pu totalement éliminer une telle sauce et qu'il ait tout à la fois réalisé une oeuvre d'art, donc un "objet" lourd de son regard et de sa subjectivité, et donné seule place à Nyang Atom, à une consonnance, un peuple, celui nommé Nyang Atom.

Paris, le 13 octobre 80
R. Jaulin"

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