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Mes recherches s'inscrivent en partie dans une démarche collective au sein de Phanie. Il s'agit, à partir de recherches anthropologiques d'autres chercheurs, d'avoir recours à mes compétences techniques pour expérimenter des écritures numériques adaptées à leur propos.

Dans ce domaine, mes recherches portant ainsi sur :

  • la théorie et la pratique de l'anthropologie audiovisuelle
  • les écritures multimédia adaptées aux sciences humaines
Christine Dole-Louveau de la Guigneraye en Louisiane

Je poursuis également un travail ethnographique personnel. C'est ainsi que je séjourne régulièrement en Louisiane, dans le pays Cajun, dans une démarche d'observation flottante... et continue de jouer de la musique cajun.

Théorie et pratique de l’anthropologie audiovisuelle

L’anthropologie visuelle a toujours été tiraillée entre les questions narratives et les questions scientifiques : comment réaliser un film accessible aux non spécialistes tout en satisfaisant les questionnements d’anthropologues ?
Cette question a donné lieu à de nombreux débats, mais pose rarement celle du coût, de réseau de diffusion, du public.

Avant le développement de la vidéo, et à fortiori des techniques numériques, la pellicule, le montage, les effets, le traitement en laboratoire coûtait très cher. Cet impératif imposait généralement de filmer et de monter un seul film pour une diffusion précise. Cette diffusion comportait souvent un volet télévisuel qui avait un rôle important dans la production. Il fallait alors construire un film diffusable à la télévision, c’est-à-dire regardable par un public non spécialiste, d’une durée précise. Ces contraintes avaient fréquemment pour conséquence le « sacrifice » de scènes ethnographiques très intéressantes anthropologiquement parlant mais n’entrant pas dans la dramaturgie générale.

A l’heure actuelle, ces contraintes ont un poids bien moindre. Pour peu que l’on sache filmer, monter et traiter l’image numérique, le coût de la quantité d’image et de son traitement devient négligeable. Rien n’empêche de filmer d’autres images que celles destinées à une production prenant en charge la majorité des frais pour réaliser d’autres films, de propos et de durée variable, destinés à différents supports de diffusion et à différents publics.

Si cette facilité matérielle est un atout majeur, elle peut également se transformer en piège et ne se passe pas des enseignements du passé tant en anthropologie, qu’en anthropologie visuelle et en cinéma. Ce n’est pas parce que l’on va simplement appuyer sur un bouton de caméra et que l’on va filmer des heures que les images seront pertinentes et lisibles. Ce n’est pas parce que l’on saura techniquement monter que l’on saura construire un film.

Je mets quotidiennement en pratique cette recherche en travaillant avec Jean Arlaud. Nous expérimentons des possibilités liées aux technologies numériques pour qu’elles répondent au mieux à notre propos en fonction d’un public ciblé ou non.

Ecritures multimédia adaptées aux sciences humaines

Il y a pour moi une continuité entre les écritures de l’image animée et les écritures multimédia. Elles répondent aux mêmes contraintes de support, de public, de canaux de diffusion. A travers les besoins de différents chercheurs, en travaillant sur leurs matériaux face à des préoccupations précises, j’expérimente différentes formes (DVD vidéo, DVD à angles, vidéo interactive, etc.).

Cette approche sollicite différentes approches techniques, les besoins en terme de recherche impliquant la forme, la forme impliquant un support off-line ou on-line, ceci impliquant des impératifs de traitement technique différent.

Culture cajun : le quotidien face au folklore

Depuis 1995, je me rends très régulièrement en Louisiane, dans le pays cajun. J’ai abordé cette culture par sa musique, dont je joue et que j’ai régulièrement l’occasion de jouer avec des musiciens louisianais.

Au fil du temps, il est devenu évident que la culture cajun était toujours très folklorisée pour l’export, avec une représentation archaïque et en voie de disparition, alors que je constate au fil de chaque séjour que cette culture est bien vivante et bien inscrite dans l’époque contemporaine, très différente de l’image véhiculée à l’extérieur.

Dans une démarche d’observation flottante, je travaille à repérer les manières très subtiles dont les spécificités de cette culture se manifestent.

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