Imprimer

Peintures à l’émail et textes sur
un pauvre papier de boucherie italien

Philippe Garouste de Clauzade
et Joseph Pacini
Exposent

Cantate en Lubéron

Il était une fois un pauvre papier italien, fabriqué dans les montagnes toscanes. Durant la première moitié du XX e siècle, bouchers et charcutiers y enveloppaient pour leurs clients viandes et charcuteries. Les temps changent, les besoins et les modes évoluent ; mais on ne sait toujours pas pourquoi certaines traditions demeurent, et, tout près de Collodi, lieu connu par tous les enfants du monde à cause d’un certain Pinocchio, quelques rares papeteries ont continué à produire ce papier dont la couleur et le grain chantent.

Ce fut le hasard ! Dans l’une de ces épiceries de villages au nom prédestiné puisqu’il s’agit de Monteverdi, un saucisson et jambon enveloppés minutieusement dans ce même papier sont arrivés jusqu’à nous. Dégustée la charcuterie au goût et au parfum d’une terre exceptionnelle, le papier commença à chanter entre nos doigts…Qui peut oublier, après les avoir écoutés, les Scherzi musicali de Claudio Monteverdi ?

Tout le monde le sait, avant d’arriver jusqu’aux neurones les idées passent par les doigts, les yeux et les oreilles ! Et sous nos doigts une étrange Cantate commença à germer avec les mots, les rythmes et les traits, les phrases, les couleurs.

Plus nous étions proches du Luberon, de ses roches, de ses végétaux, des terres d’ocre, plus le papier mettait en œuvre sa radiance et chantait avec le soleil les chœurs de la matière. Amoureux du Luberon, nous lui avons composé cette Cantate avec humilité sur ce pauvre papier rêvant à l’Italie et à ses beautés.

Dates des expositions à venir

Philippe Garouste de Clauzade

Depuis la nuit des temps, Philippe Garouste de Clauzade peint…

Son abstraction épouse le lyrisme même de l’Univers. Il anticipe le mouvement, se coule dans la matière en quête d’une possible liberté et interroge la lumière aux deux extrêmes de l’Univers.

Quelle donc est cette mer dont la lumière est le rivage ?

Des couleurs : noir, rouge, jaune, violet, que le bleu enrobe stimulent et accompagnent son questionnement sur le réel et prêtent à la matière la légèreté du vol de l’oiseau… Le vol de l’âme en quête de beauté éternelle. Il pense avec les yeux et, d’instinct crée le rapport rythme - couleurs tout en orchestrant les diverses architectures des éléments… Il va au cœur même de la matière et compose dans une effervescence poétique la symphonie de l’espace-temps. Son regard s’anime et la danse de ses gestes en appelle à toutes les lumières, visibles et invisibles. Comme une horloge mise en marche il y a quinze milliards d’années, il absorbe, il distille, il souligne, il donne et il ouvre une à une tel le big-bang, les graines de conscience du vivant.

Les noirs allument des incendies d’ombres et de mystère, dans lesquels grouille et fourmille la vie dans un enchevêtrement d’atomes… Au delà de ces frontières l’imagination et le rêve s’emparent de l’Univers, traversent et caressent la béance et le vide, faisant naître des galaxies dont la lumière désormais fossile nous apparaît telle une énigme à déchiffrer. Il explore, il cherche, il raconte l’incroyable épopée du monde qui ne cesse de vivre de se métamorphoser et de renaître… Il amasse, il traduit et il offre les émotions provoquées par l’espace et la matière ; la forme s’empare du mouvement que la radiance intense de la lumière impulse. Il entraîne avec lui la mémoire des temps et des espaces, les lumières voilées de la France qui bruine ; celles d’Egypte au travers desquelles courent les mythes et les cosmogonies, celles de Dallas qui explosent comme des fleurs d’un autre monde pour revenir enfin à cette incomparable lumière du Luberon en Provence qui éclaire le cœur et apprivoise la beauté.

Poète en diable, il écrit le phraser musical et coloré de l’Univers qui poursuit sa route et en extrait cette suite symphonique pour matière et lumière…

J.Pacini

Philippe Garouste de Clauzade Né à Paris le 26 mai 1922 de mère lorraine et de père gascon, il vit dans la capitale puis descend en Saintonge.
Il réside aujourd’hui en Provence : La Font du Pin, 84460 Cheval-Blanc, Vaucluse.

Après des études aux Beaux-Arts et aux Arts Appliqués de Paris, il se fixe d’abord en Haute Loire, puis en Lorraine où il fonde un Mouvement d’Art à Toul. Puis, de Saintonge en Côte d’Azur, il quitte la France pour l’Egypte. Il revient à Paris en 1955 avec Nadia, son épouse, elle-même artiste. (aujourd’hui décédée). En 1963, il s’installe en Provence où il peint, il expose et il enseigne…

En 1982, un renouvellement d’inspiration l’incite à partir en Amérique. Il voyage : le Texas, l’Arizona, New-York, la Californie. Il séjourne à Dallas, y expose, sans quitter pour cela la Provence où il est aujourd’hui installé. La ville de Cavaillon lui a rendu hommage : en 1966 l’hôpital accueille une première exposition, en 1967 l’hôtel de ville reçoit la deuxième et, en 1974 c’est à la Chapelle du Grand Couvent que se tient la troisième, avant que ses œuvres ne se mettent à sillonner les galeries des Etats-Unis et tout particulièrement au Texas.

Quelques expositions personnelles

Joseph Pacini

Né en 1942 en Toscane, il arrive à Cavaillon en septembre 1947 avec sa famille.

Après des études de lettres, il travaille pour le Ministère de l’agriculture et effectue différentes missions auprès du Ministère de la Culture pour le développement culturel en milieu rural. Il effectue ensuite différentes missions auprès de la Communauté Européenne sur les programmes Leader en Europe.

Durant tout ce temps, il n’a jamais cessé d’écrire et de travailler avec les peintres, les poètes et les écrivains. Fasciné par les divers langages artistiques et leur correspondance, il collabore avec les peintres et publie chez Jacques Brémond Le pays de haute mer qui obtient le prix Rivage des Arts, et Arcobaleno . Des lithographies de Philippe Garouste accompagnent et rythment ses poèmes.

Avec la même complicité et la même intensité créative il publie

Amoureux des expressions graphiques et picturales , il multiplie les projets de collaboration avec les peintres : Peindre le désir avec Pierre Cayol et exposition et livres d’art avec Philippe Garouste de Clauzade.

Michel Rouquette dit de lui : « Il y a des poètes dont les noms sont gravés sur des pierres dressées ou des dalles de marbre froid ; nous les connaissons mais ne les apercevons plus au détour du chemin. Nous sommes à la recherche des empreintes qu’ils ont laissées. Il y a des poètes entrés très tôt dans « les briques » que constituent les « Dictionnaires des poètes… » ou les « Anthologies… » Et puis, il y a des poètes plus secrets qui continuent de hanter les paysages qu’ils rêvent. Les paysages d’eau, de lumière et de vent sont nombreux ; entendons par là, ceux qui naissent sous la plume des poètes qui les contemplent, qui les disent, en quelque sorte, de l’extérieur. Avec Joseph Pacini, nous rencontrons le vrai rêveur de roche, le témoin du granit, l’ami du calcaire, l’amoureux de la lauze. Ce n’est plus la pierre contemplée dans le paysage, c’est la pierre humaine, la pierre vivante, la pierre langage : la pierre vécue de l’intérieur. Voilà un poète capable – comme le disait Bachelard – « de mettre en marche les pierres arrêtées. » Après Bleu Luberon, exposition réalisée en 2008, recherches d’expressions poétiques et plastiques pour parler au plus juste de la sensibilité humaine devant la beauté de la nature, il poursuit son travail avec le peintre et propose aujourd’hui Cantate en Luberon.

Aller au delà du langage, associer tous les sens à la perception de la nature et de la beauté qui en émane, tenter de dire la respiration et le chant de la matière, composer avec les mots, les rythmes et les couleurs une masse musicale qui va dans le sens de l’Univers. Deux ans de travail quasi quotidiens et faire apparaître fort et puissant ce lien de transmission entre générations, ces échanges entre la création plastique et l’expression poétique, montrer l’invisible qui fourmille et grouille dans la lumière. Parfois les mots précèdent les couleurs et les rythmes ; parfois ce sont le geste du peintre et les signes qui explorent les contrées inconnues de l’émotion : il s’agit d’aller jusqu’au bout du désir…